Les constructeurs d’imprimantes dans le collimateur de la justice

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19 Septembre 2017
Nous abordons ici régulièrement le sujet de la réparabilité et de l’obsolescence programmée.


L’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) a déposé plainte à l’encontre des principales marques pour en obsolescence programmée et tromperie.


Une loi de 2015 punit sévèrement les entreprises utilisant ces méthodes pour augmenter le renouvellement des matériels. Mais s’il ne fait aucun doute que les matériels premiers prix ne sont pas faits pour durer, prouver que le constructeur a intentionnellement conçu le produit pour qu’il ait une durée de vie limitée est bien plus complexe.


Les imprimantes sont un marché symptomatique de l’aberration qu’est la société de consommation dans laquelle nous vivons. En effet les pannes des imprimantes sont souvent les mêmes, têtes d’impression, récupérateur d’encre saturé. A chaque fois qu’une pièce de quelques dizaines de grammes dysfonctionne, c’est l’ensemble de l’imprimante qu’il faut changer (et jeter plusieurs kilos de déchets électroniques et plastiques.


L’union européenne réfléchit à rendre obligatoire la commercialisation par les fabricants de pièces détachées et la mise à disposition de manuels de maintenance. On peut s’interroger d’une part si cette mesure sera mise en place un jour. On se souvient des projets anti évasion fiscale à l’encontre des géants tels que Apple, Google, Amazon et Facebook qui sont morts nés, ce type de projet est sans doute voué à subir le même sort. Il convient qu’il ne suffit pas de commercialiser des pièces détachées pour que le souci soit résolu, il faut que ces pièces détachées soient compétitives. Historiquement Canon commercialisait des têtes d’impressions y compris pour les modèles ou celle-ci était supposée durer la vie de l’imprimante, mais au regard du prix de la pièce, l’opération n’avait pas d’intérêt. Certains clients peu sensibles à l’environnement vont jusqu’à remplacer leur imprimante quand les cartouches sont vides, alors le réflexe de réparer une imprimante est loin d’être acquis.


Cette plainte vise également les cartouches qui seraient indiquées comme vides alors qu’elles ne le seraient pas en réalité. Par le passé, Epson était particulièrement concerné. Sa technologie exclusive Micro Piezo est particulièrement allergique aux bulles d’air dans la tête d’impression, les cartouches doivent par conséquent être remplacées avant qu’elles soient vide afin d’être certain que de l’air n’entre pas dans la tête d’impression, les puces des cartouches prennent en compte ce paramètre afin d’exiger le remplacement de la cartouche juste avant que les dernières goutes soient utilisées.


Si au final une condamnation permettrait aux constructeurs de se remettre en question et d’adopter une stratégie plus éco-responsables, chaque consommateur peut y contribuer en boudant les produits premiers prix, en privilégiant les produits plus sérieux, qui d’une manière générale en plus de proposer des fonctionnalités plus intéressantes, sont aussi davantage conçus pour durer.

Auteur: Christophe DEBOUDT